2006, Paris 11ème arrondissement
Un lustre s'écrase sur le plancher. Dans l'appartement du dessus, un public restreint mais éberlué et passablement déchaîné assiste au premier concert de Lapin Machin. Quelques mois plus tard, on rapportera que lors d'un autre de leur concert une péniche aurait presque sombré.
Groupe d'appartement à l'origine, les Lapin Machin sont devenus des as de la bidouille, du DIY, du rafistolage au scotch et de l'enregistrement sur 4 pistes K7, et c'est tout naturellement qu'ils enregistrent leur premier EP en avril 2006, dans une salle bain, avant de passer au salon en octobre de la même année pour leur premier LP. Les Lapins ayant pris pour habitude de changer d'instrument entre chaque morceau, la salle de bain était malheureusement devenue trop petite pour les accueillir, surtout depuis l'arrivée d'un quatrième membre. Les deux compositeurs, chanteurs, Violette et Joe Lapin, et le multi-instrumentiste rythmique, Mikka Machin, qui ont tous trois prêté provisoirement leurs noms au groupe, sont en effet rejoint par Lily l'Eclair au synthé soufflet (qui deviendra par la suite un synthé disto, le synthé soufflet d'origine ayant été trop malmené) lors des concerts mouvementés de ces têtes brulées qui n'ont pas peur sur la scène du MO'FO 2006 dès leur sixième concert ou de faire la première partie de Jad Fair.
En février 2008, à la suite d'intenses séances de création devant Futurama, les quatre Lapin Machin se retrouvent en résidence à la manufacture de Sèvre, toujours accompagnés de leur emblématique Drüm Machine – une sorte de pacemaker en carton souffrant de tachycardie et dont on peut actuellement admirer la troisième version – pour y enregistrer leur nouvel LP : « We don't have a car », dans lequel on retrouve enfin leur lo-fi folk / punk bricolée, efficace et sincère, jouissive et furieusement régressive. |