Passer au contenu
Blog Up Musique

Carte son de home studio : entrées, préamplis et modèles par profil

Dernière mise à jour :

Carte son de home studio : entrées, préamplis et modèles par profil

Savoir quelle carte son choisir pour enregistrer chez soi revient à compter ses besoins : combien d'entrées micro et instrument, quelle qualité de préampli, quelles sorties pour le casque et les enceintes. L'interface audio convertit le signal de la voix ou de la guitare pour l'ordinateur, et son choix fixe le son du home studio.

Trois profils de home studio, trois réponses

  • Une voix ou une guitare à la fois : une interface audio avec une entrée micro XLR et une entrée instrument, comme la Focusrite Scarlett Solo ou l'Audient iD4 MKII.
  • Deux sources simultanées (chant et guitare, deux micros, un clavier) : deux préamplis de même qualité, comme la Scarlett 2i2, la SSL 2 ou l'Universal Audio Volt 2.
  • Un home studio qui doit grandir : une entrée optique ADAT pour ajouter huit préamplis plus tard, comme l'Audient iD14 MKII ou la RME Babyface Pro FS.

Une interface audio, à quoi sert ce boîtier entre le micro et l'ordinateur ?

Une interface audio sert d'abord à faire entrer un signal analogique propre, au bon niveau et sans perte de qualité, puis à le faire ressortir vers l'écoute sans souffle ni décalage pendant l'enregistrement. Le terme « carte son » vient de l'époque où la puce se glissait dans la tour du PC ; aujourd'hui, pour la musique, il désigne presque toujours un boîtier externe relié en USB ou en Thunderbolt.

Dans ce boîtier se trouvent quatre étages. Le préampli remonte le signal très faible d'un microphone jusqu'à un niveau exploitable. Le convertisseur analogique-numérique transforme cette tension en échantillons. Le convertisseur inverse refait le chemin vers les sorties analogiques. Enfin, le pilote (driver) dialogue avec le logiciel d'enregistrement pour que le tout reste synchrone.

La puce son intégrée d'un PC portable ne remplit aucune de ces fonctions correctement pour enregistrer : pas de prise XLR, pas d'alimentation fantôme pour un microphone statique, une prise mini-jack pensée pour les appels vidéo, et une latence souvent trop élevée pour jouer en direct. C'est la raison d'être de l'interface : donner au home studio une porte d'entrée et une porte de sortie fiables. Le reste de cet article détaille les critères qui séparent un bon choix d'un achat qui finira revendu au bout de six mois.

Carte son interne ou externe : laquelle convient à un home studio ?

Pour un home studio, la carte son externe l'emporte dans la quasi-totalité des situations. Une carte interne au format PCIe vit à l'intérieur d'une tour, au milieu des ventilateurs et des alimentations qui génèrent du bruit électrique, et elle ne sert à rien sur un portable ou un Mac récent qui n'a plus d'emplacement libre.

L'interface externe se pose sur le bureau, à portée de main. Les boutons de gain et les volumes d'écoute restent accessibles pendant la prise, ce qui compte davantage qu'on ne l'imagine quand on chante et qu'on règle simultanément. Elle se déplace aussi : la même interface passe du bureau à la répétition ou au salon d'un ami avec un simple câble USB.

Les cartes internes gardent quelques défenseurs dans les studios professionnels équipés de grosses tours, où elles servent souvent de pont vers des convertisseurs externes en rack. Pour la grande majorité des musiciens qui enregistrent chez eux, la question se règle donc vite : le choix porte sur une interface externe, et toute la suite de la réflexion consiste à trouver la bonne taille d'interface pour ses besoins.

Un cas particulier mérite d'être signalé : les cartes son de jeu vidéo, internes ou externes, vendues pour le « son 7.1 » et le micro du casque gamer. Elles ne disposent ni d'un vrai préampli ni d'une prise Hi-Z, et ne conviennent pas à l'enregistrement de musique.

Combien d'entrées faut-il vraiment ?

Le nombre d'entrées se décide en comptant les sources à enregistrer simultanément, pas le nombre total d'instruments de la maison. Un guitariste qui possède trois guitares et un micro de chant n'a besoin que d'une ou deux entrées s'il enregistre une piste après l'autre, ce qui reste la méthode de travail la plus courante en home studio.

Une seule source à la fois : voix, guitare ou basse

Une interface à deux entrées dont une seule accepte un microphone suffit pour le chant, une acoustique captée de près, ou une électrique branchée en direct sur la prise Hi-Z avant un simulateur d'ampli. C'est le format de la Focusrite Scarlett Solo ou de l'Audient iD4 MKII. Sa limite apparaît le jour où l'on veut chanter et jouer ensemble sur deux pistes séparées.

Deux sources simultanées : chant et guitare, clavier stéréo

Deux préamplis micro ouvrent la prise simultanée d'une voix et d'un instrument, d'une acoustique captée par deux microphones, d'une interview de podcast à deux, ou d'un synthétiseur en stéréo sur deux canaux ligne. C'est le format le plus vendu, et celui que la plupart des guides d'achat placent en tête pour un premier home studio.

Batterie, groupe et extension ADAT

Une batterie acoustique demande au moins quatre microphones pour un résultat correct, et un groupe enregistré en live en réclame huit ou plus. Plutôt que d'acheter tout de suite une grosse interface, une entrée optique ADAT permettra d'ajouter plus tard un préampli externe à huit voies. L'Audient iD14 MKII passe ainsi de deux à dix entrées, et la RME Babyface Pro FS suit la même logique.

Le préampli micro décide de la qualité de la prise de voix

Le préampli micro est l'étage qui pèse le plus sur la qualité d'un enregistrement de voix ou d'instrument acoustique. Un microphone dynamique comme le Shure SM58 ou le SM7B délivre un signal très faible ; le préampli doit l'amplifier fortement sans ajouter de souffle, et c'est là que les interfaces bon marché et les modèles professionnels se distinguent le plus clairement.

Gain disponible et bruit de fond

La fiche fabricant indique le gain maximal du préampli, exprimé en décibels, et son bruit propre, appelé EIN (bruit équivalent ramené à l'entrée). Un gain élevé avec un bruit bas permettra de pousser un modèle dynamique peu sensible sans entendre de souffle dans les passages calmes. Pour un SM7B, réputé gourmand, un préampli généreux évite d'acheter un booster de signal supplémentaire. Comparer ces deux valeurs d'une fiche à l'autre donne une idée plus juste de la qualité que n'importe quel argument commercial.

Alimentation fantôme 48 V et couleur sonore

Un microphone statique à large membrane, le modèle le plus courant pour la voix en home studio, a besoin de l'alimentation fantôme 48 V que fournit l'interface par la prise XLR. Toutes les interfaces citées dans cet article la proposent. Certaines marques ajoutent une couleur : le mode Air de Focusrite éclaircit les aigus, le bouton 4K de la SSL 2 évoque les consoles de la série 4000 de Solid State Logic, le mode Vintage de l'Universal Audio Volt imite un préampli à lampe. Ces fonctionnalités restent des options d'enregistrement, pas des gages de qualité.

Entrée instrument, niveau ligne, XLR et jack : s'y retrouver

Une interface audio accepte trois familles de signal analogique, et chaque famille demande sa propre prise. Confondre ces niveaux reste l'une des causes les plus fréquentes d'un son faible, saturé ou plein de bruit, même avec un matériel correct.

  • Le niveau micro arrive par un câble XLR à trois broches. C'est le signal le plus faible, celui qui passe par le préampli.
  • Le niveau instrument (Hi-Z) concerne la guitare et la basse électriques branchées en direct. Il passe par un câble jack 6,35 mm et demande une prise à forte impédance, souvent marquée « INST ».
  • Le niveau ligne est celui d'un clavier, d'un synthétiseur, d'une boîte à rythmes ou d'une table de mixage. Il passe aussi en jack, symétrique (TRS) ou asymétrique (TS), et ne doit pas être amplifié par le préampli micro.

Les entrées combo, qui acceptent sur la même prise un connecteur XLR et un jack, couvrent ces trois cas. Un sélecteur ou un bouton « INST » bascule l'entrée en mode instrument. Avant l'achat, la vérification utile consiste à lire sur la fiche quelles prises acceptent le mode Hi-Z : sur certaines interfaces à deux canaux, une seule le fait.

Le format jack se retrouve aussi en sortie. Des sorties jack symétriques se branchent proprement sur des enceintes de monitoring actives ; des sorties RCA, présentes sur quelques modèles bon marché, demandent un câble adaptateur et se montrent plus sensibles aux bruits de masse sur de longues distances.

Sorties casque et enceintes de monitoring

Les sorties d'une interface audio comptent autant que ses entrées, car c'est par elles que l'on juge chaque prise et chaque mixage. Une sortie casque trop faible oblige à pousser le volume au maximum avec un modèle fermé de forte impédance, et le moindre souffle devient audible pendant l'écoute.

Pour travailler à deux, chanteur et ingénieur, une deuxième sortie d'écoute avec son propre volume évite d'acheter un amplificateur séparé. L'Audient iD4 MKII en possède deux, au format jack 6,35 mm et mini-jack 3,5 mm, ce qui reste rare dans cette gamme. Au-delà de deux sorties ligne, d'autres sorties servent à brancher une deuxième paire d'enceintes pour comparer le mixage, ou à envoyer un signal vers une pédale d'effet ou un ampli en réamplification.

Un bouton de volume des enceintes large et bien placé sur le dessus du boîtier n'a rien d'un gadget : c'est la commande la plus manipulée au quotidien. Les interfaces qui confient ce réglage à une application ou à un petit encodeur sans repère se montrent moins agréables à l'usage. Enfin, une sortie MIDI sur prise DIN, présente sur la Scarlett 4i4 mais absente de nombreux modèles compacts, mérite d'être vérifiée si l'on pilote un synthétiseur ancien sans port USB.

Latence, pilotes et monitoring direct

La latence désigne le délai entre le moment où l'on joue et celui où le son revient dans le casque après un passage par l'ordinateur. Au-delà d'une dizaine de millisecondes, un chanteur ou un batteur perçoit un décalage gênant, et jouer en rythme devient difficile.

Trois éléments la fixent : la taille du tampon (buffer) réglée dans le séquenceur, la puissance de la machine et la qualité du driver. Sur Windows, un pilote ASIO fourni par le fabricant donne des latences bien plus basses que le pilote générique du système ; sur macOS, Core Audio gère la plupart des interfaces sans installation. Les pilotes RME jouissent d'une réputation de stabilité et de basse latence entretenue depuis de nombreuses années dans le monde du studio, et c'est l'une des raisons du succès de la Babyface Pro FS auprès des ingénieurs du son.

Le monitoring direct contourne le problème : un bouton ou un mélangeur interne renvoie le signal entrant dans l'écoute avant qu'il ne parte vers l'informatique, donc sans aucun délai. La contrepartie est l'absence d'effets d'enregistrement dans le casque, sauf sur les interfaces à DSP intégré, qui appliquent un effet de réverbération ou un compresseur en direct sans solliciter le processeur principal. Pour un premier home studio, le monitoring direct suffit largement à enregistrer des voix et des guitares confortablement.

24 bits, 96 kHz, 192 kHz : ce que disent vraiment les chiffres

La résolution de 24 bits et une fréquence d'échantillonnage de 44,1 ou 48 kHz suffisent pour enregistrer de la musique destinée au streaming ou au CD. Toutes les interfaces actuelles atteignent 24 bits, et la plupart montent à 96 ou 192 kHz : ce chiffre n'est donc plus un critère de choix entre deux modèles.

Le passage à 96 kHz alourdit les fichiers et la charge du processeur, pour un gain que peu d'oreilles distinguent dans un mixage final. Certains producteurs l'emploient pour limiter le repliement de quelques plug-ins ou pour étirer le temps d'un échantillon sans artefacts, mais ce sont des cas de production avancée. Une interface limitée à 96 kHz, comme l'Audient iD4 MKII ou l'iD14 MKII, ne pénalise en rien un home studio.

La qualité réelle des convertisseurs se lit plutôt dans la plage dynamique et le rapport signal/bruit, en décibels, indiquée sur la fiche pour l'entrée et la sortie. Plus elle est haute, plus l'écart entre le bruit de fond et le niveau maximal est grand. Entre deux interfaces de même gamme, ces écarts restent faibles ; entre une interface économique et un modèle professionnel comme la RME Babyface Pro FS ou l'Apollo Twin, ils deviennent mesurables, sans pour autant transformer à eux seuls un enregistrement fait dans une pièce mal traitée.

USB, Thunderbolt et compatibilité avec l'ordinateur

La connexion USB équipe aujourd'hui l'immense majorité des interfaces audio de home studio, en USB-C de plus en plus souvent. Elle alimente aussi le boîtier sur les petits modèles, ce qui évite un bloc secteur sur le bureau. Les producteurs qui travaillent en mobilité retrouvent sur ces modèles alimentés par le bus un matériel léger. Les interfaces plus gourmandes, avec de nombreux préamplis ou un DSP, demandent une alimentation séparée.

Le Thunderbolt, présent sur l'Apollo Twin X de Universal Audio ou sur certaines interfaces professionnelles, offre une bande passante plus large et des latences très basses, mais suppose une machine équipée du bon port. Universal Audio propose d'ailleurs une version USB de l'Apollo Twin X destinée aux PC Windows. Avant l'achat, la vérification la plus utile consiste à lire la liste de compatibilité du fabricant : version de macOS ou de Windows, puces Apple Silicon, et pour les tablettes, compatibilité avec iPad, qui demande souvent un adaptateur et parfois une alimentation externe.

Les applications comptent aussi. La plupart des marques livrent une version allégée d'un séquenceur (Ableton Live Lite, Pro Tools Intro, Cubase LE selon les modèles et les périodes) et quelques plug-ins. Ce lot ne doit pas guider le choix, car les logiciels gratuits ou déjà installés suffisent pour débuter, mais il représente un point de départ utile pour qui n'a encore rien d'installé. Sur ce sujet, la prise en main d'un logiciel comme MAGIX pour composer ses premiers morceaux montre qu'une interface simple s'intègre sans difficulté à un environnement grand public.

Quelle carte son choisir pour débuter : une sélection par profil

La meilleure carte son pour débuter est celle qui correspond au nombre de sources que l'on enregistre réellement, avec un préampli propre et une écoute correcte. Les modèles ci-dessous sont cités pour leurs caractéristiques publiées par les fabricants et pour leur présence constante dans les recommandations des magasins spécialisés et de la presse musicale. On retrouve ces produits chez la plupart des revendeurs, et chacun permettra de créer un setup cohérent autour d'un budget précis.

Modèle Préamplis micro Point fort Gamme de prix
Focusrite Scarlett Solo1, plus une entrée instrumentSimplicité, mode AirPetit budget
Audient iD4 MKII1, plus une entrée instrumentPréampli issu des consoles, deux sorties casquePetit budget
Focusrite Scarlett 2i22 entrées comboPolyvalence, réglage de gain automatique (4e génération)Budget modéré
SSL 22 entrées comboBouton 4K, construction robusteBudget modéré
Universal Audio Volt 22 entrées comboMode Vintage inspiré d'un préampli à lampeMilieu de gamme
Audient iD14 MKII2, extensibles par ADATPassage à 10 entréesMilieu de gamme
RME Babyface Pro FS2, plus entrées instrument et ADATPilotes, latence, TotalMix FXBudget élevé
Universal Audio Apollo Twin X2 préamplis UnisonDSP intégré, émulations à l'enregistrementBudget élevé

Pour une voix ou une guitare seule : Scarlett Solo ou Audient iD4 MKII

La Focusrite Scarlett Solo réunit une prise XLR avec alimentation fantôme et une prise Hi-Z en jack, deux sorties pour les enceintes et une sortie casque. Son atout tient à sa simplicité : deux boutons de gain, un voyant qui passe au rouge quand le signal sature, et un mode Air pour la voix. L'Audient iD4 MKII vise le même musicien avec un préampli de classe A dérivé des consoles de la marque et deux sorties casque, utiles pour enregistrer un élève ou un invité. Son entrée Hi-Z repose sur un étage JFET apprécié des guitaristes. Les deux conviennent au débutant comme au chanteur, au guitariste qui travaille avec un simulateur d'ampli et au créateur de podcast seul au microphone.

Pour deux sources : Scarlett 2i2, SSL 2 ou Volt 2

La Focusrite Scarlett 2i2 reste clairement la référence de cette catégorie dans le monde du home studio depuis plusieurs générations. Sa quatrième version ajoute un réglage de gain automatique et une protection contre l'écrêtage, appréciables quand on enregistre seul. La SSL 2 de Solid State Logic propose deux préamplis et un bouton 4K qui ajoute brillance et présence. L'Universal Audio Volt 2 mise sur un mode Vintage pensé pour la voix et la guitare acoustique ; la Volt 276 y ajoute un compresseur inspiré du 1176. Entre ces trois modèles, l'écart de qualité reste mince : la préférence se joue sur l'ergonomie, la couleur sonore et les logiciels livrés.

Pour un home studio qui grandit : Audient iD14 MKII ou RME Babyface Pro FS

L'Audient iD14 MKII garde deux préamplis à l'origine mais ajoute une entrée optique ADAT : un préampli externe à huit voies permettra de la faire passer à dix entrées le jour où arrive une batterie. La RME Babyface Pro FS, plus chère, s'adresse aux producteurs et aux musiciens qui travaillent beaucoup et veulent des pilotes irréprochables, le mélangeur TotalMix FX et un boîtier compact qui voyage bien. Son prix la place hors de la plupart des premiers achats, mais elle se garde de nombreuses années.

Pour les émulations en temps réel : Apollo Twin

L'Apollo Twin de Universal Audio intègre une puce DSP qui fait tourner les plug-ins UAD pendant la prise, et des préamplis Unison qui modifient leur réponse selon le préampli émulé. Le chanteur entend la réverbération et le compresseur sans latence, et l'enregistrement peut garder ou non ces effets : chaque effet figé dans la piste allège ensuite le mixage. C'est un outil pour un musicien qui sait déjà ce qu'il cherche, moins pour un premier pas.

Podcast, streaming et voix parlée : un cas à part

Pour un podcast ou un stream, une interface audio classique fonctionne parfaitement avec un microphone dynamique comme le SM7B, mais une autre famille d'appareils mérite d'être comparée : les consoles de podcast. La RØDECaster Pro II de Rode ou la Zoom PodTrak réunissent plusieurs préamplis, des pads pour lancer des jingles, un enregistrement direct sur carte mémoire et parfois un module téléphone ou Bluetooth pour un invité à distance.

Ces consoles simplifient l'émission à plusieurs voix, sans ordinateur si besoin. Leur limite apparaît en musique : moins de souplesse de routage, des prises Hi-Z parfois absentes, une intégration moins fine avec un séquenceur de production. Un musicien qui fait aussi un podcast de temps en temps gagne à rester sur une interface audio à deux préamplis, qui fera les deux. Un créateur dont l'activité principale est l'émission parlée, à deux ou trois intervenants, trouvera dans une console dédiée un outil plus direct.

Dans les deux cas, la qualité de la voix dépend d'abord du micro et de la pièce : un microphone dynamique placé près de la bouche capte moins la réverbération d'une pièce nue qu'un statique, et c'est souvent le meilleur choix pour une voix parlée enregistrée dans un salon.

Quels critères pour choisir une carte son selon l'utilisation ?

Les éléments de choix d'une carte son ne pèsent pas le même poids selon l'utilisation prévue. Le tableau suivant croise les situations les plus fréquentes avec ce qu'il faut regarder en priorité sur la fiche technique, et ce qui peut passer au second plan.

Utilisation type Entrées utiles À regarder d'abord Peut attendre
Chant seul1 prise XLRBruit du préampli, 48 VCouleur du préampli
Guitare ou basse en direct1 prise Hi-ZEntrée Hi-Z, latence basseSortie pour réamplification
Chant et guitare ensemble2 entrées comboDeux préamplis égauxDeuxième sortie d'écoute
Claviers et synthétiseurs2 à 4 canaux ligneEntrées ligne symétriques, MIDIPréamplis micro
Batterie acoustique4 à 8 microsExtension ADATFréquence d'échantillonnage
Podcast à deux voix2 prises XLRGain élevé pour micro dynamiquePrise Hi-Z

Un exemple concret aide à lire ce tableau. Une chanteuse qui s'accompagne à la guitare acoustique et veut enregistrer en une seule prise a besoin de deux microphones simultanés : un statique pour la voix, un autre pour la caisse, ou la sortie du capteur piézo dans le second canal. Une interface à un seul préampli l'obligerait à enregistrer l'accompagnement, puis la voix par-dessus, ce qui casse le naturel de la prise. Deux préamplis égaux et une écoute correcte suffisent : inutile de viser plus haut.

Pourquoi tant d'interfaces audio finissent revendues

Les interfaces audio qui finissent sur les sites d'occasion après quelques mois racontent souvent la même histoire : un achat dicté par un chiffre ou par une promotion plutôt que par le besoin réel. Voici les erreurs qui reviennent le plus souvent dans les forums de musiciens.

  • Acheter trop petit. Une interface à un seul préampli paraît suffisante, jusqu'au jour où un ami vient enregistrer un duo. Pour un faible écart de budget, deux préamplis évitent un second achat.
  • Acheter trop gros. Huit entrées sur un bureau où l'on enregistre seul occupent la place, demandent une alimentation et ne servent jamais. L'extension ADAT répond mieux à ce besoin futur.
  • Choisir sur la fréquence d'échantillonnage. Le 192 kHz inscrit sur la boîte ne dit rien de la qualité des préamplis.
  • Oublier le micro. Une interface professionnelle branchée sur un microphone de mauvaise facture ne sonne pas mieux qu'une interface simple avec un bon modèle.
  • Négliger la compatibilité. Un pilote absent pour la dernière version du système d'exploitation, ou un port Thunderbolt que la machine ne possède pas, bloque tout.

La relecture de la fiche fabricant, prise par prise, évite la plupart de ces déconvenues. Elle prend dix minutes et épargne une revente à perte.

Améliorer son enregistrement au-delà de la carte son

Une meilleure carte son améliore un enregistrement beaucoup moins qu'un meilleur traitement de la pièce. Dans une chambre aux murs nus, la voix rebondit sur les surfaces dures et revient dans la capsule avec un léger écho que ni le préampli ni le mixage ne savent retirer. Quelques panneaux absorbants derrière le chanteur, une couette tendue ou une bibliothèque remplie de livres font souvent plus pour la qualité que le passage à une interface deux fois plus chère.

Le placement du microphone compte autant. À une quinzaine de centimètres de la bouche, avec un filtre anti-pop, la voix gagne en présence et la pièce s'entend moins. Pour une guitare acoustique, viser la jonction entre le manche et la caisse plutôt que la rosace évite un grave envahissant. Le réglage du gain fait le reste : un signal qui culmine nettement sous le rouge du voyant laisse de la marge pour les passages forts sans écrêter.

Le monitoring complète l'équipement. Un casque fermé pour la prise, qui ne laisse pas fuir le clic, et une paire d'enceintes de monitoring placées en triangle avec la tête permettent de juger le son sans l'embellir. L'oreille et la pratique font le reste : pour progresser, il vaut mieux jouer que comparer des fiches. L'essentiel du matériel se résume alors à trois éléments : l'interface, un microphone adapté et une écoute fiable. Le guide sur le choix d'un instrument de musique pour démarrer rappelle d'ailleurs que le matériel le plus utile est celui que l'on prend plaisir à jouer chaque jour.

Carte son, guitare connectée et MIDI : la chaîne complète

Une carte son ne travaille jamais seule : elle s'insère dans une chaîne qui va de l'instrument au logiciel, et chaque maillon peut limiter les autres. Pour un guitariste, la chaîne la plus courante en home studio part de l'instrument, envoie son signal analogique à la prise Hi-Z de l'interface, rejoint un simulateur d'ampli sur la machine, puis ressort vers l'écoute. Cette méthode remplace l'ampli et le microphone devant le baffle, bruyants en appartement.

Certaines guitares embarquent désormais leur propre électronique, leur interface USB ou leurs effets, et se branchent sans boîtier intermédiaire. Les guitares connectées vendues en magasin montrent que la frontière entre instrument et interface audio se brouille, sans remplacer pour autant une interface dédiée dès que l'on veut ajouter un micro de chant.

Côté informatique, un processeur récent et seize gigaoctets de mémoire vive suffisent pour un projet de quelques dizaines de pistes avec des plug-ins courants. Un disque SSD accélère le chargement des banques d'échantillons. Enfin, la question du clavier maître revient souvent : il passe par l'USB et le protocole MIDI, pas par la carte son, et n'occupe donc aucune entrée audio. Pour composer avec des instruments virtuels, une interface à deux canaux et un clavier MIDI USB forment un home studio complet et cohérent, qui laisse la porte ouverte à une batterie ou un groupe plus tard grâce à une interface extensible.

Scarlett, Audient, RME : les réponses courtes avant de brancher

Quelle carte son choisir pour débuter ?

Pour débuter, une interface à deux entrées combo comme la Focusrite Scarlett 2i2, la SSL 2 ou l'Universal Audio Volt 2 couvre la voix, la guitare et un clavier. Un musicien qui enregistre seul une source à la fois peut se contenter d'une Scarlett Solo ou d'une Audient iD4 MKII.

Comment choisir une carte son externe ?

Une carte son externe se choisit en comptant les sources à enregistrer simultanément, puis en vérifiant la qualité des préamplis, les sorties d'écoute, la compatibilité avec la machine et la possibilité d'extension par ADAT.

Une interface audio améliore-t-elle le son d'un micro USB ?

Un micro USB contient déjà son propre préampli et son convertisseur, et se branche directement en USB sans passer par l'interface. Pour profiter d'une interface audio, il faut un modèle à sortie XLR.

Faut-il une carte son pour faire de la MAO ?

Pour composer uniquement avec des instruments virtuels, la sortie intégrée suffit au départ, mais une interface réduit la latence et améliore l'écoute. Elle devient indispensable dès qu'il faut enregistrer une voix ou un instrument réel. La rubrique musique assistée par ordinateur détaille les étapes d'un premier projet.

À lire ensuite

↑