Depuis quelques années, une révolution s’opère dans l’industrie de la musique africaine. Les artistes africains se servent désormais de la téléphonie mobile pour réinventer le secteur musical. Grâce aux réseaux sociaux et aux ventes digitales, le secteur prend un nouvel envol. Certains acteurs du secteur prédisaient alors que le marché africain de la musique pourrait dépasser le marché européen d’ici une dizaine d’années ; les chiffres récents montrent une croissance rapide, mais un marché qui part de loin.
La téléphonie mobile, pour un avenir prometteur à la musique africaine
Depuis plusieurs années, bon nombre d’artistes africains étaient livrés à eux-mêmes, le marché est saturé et ils se trouvaient impuissants face à la piraterie grandissante, et aux copies qui ont inondé les rues. Mais grâce au coup de baguette magique, le secteur a retrouvé depuis ces cinq dernières années sa bonne santé. Grâce à la forte pénétration de l’internet sur le continent, qui a explosé notamment au Kenya, en Afrique du Sud, au Nigéria et en Côte d’Ivoire, le secteur musical s’est dynamisé. Le téléchargement en ligne et le streaming renforcent la croissance de l’industrie musicale en Afrique. Le Nigéria est un cas d’école. Car les revenus issus de la musique proviennent des sonneries et des tonalités d’attente.
Streaming payant en Afrique subsaharienne : ce que mesure l’IFPI
La fédération internationale de l’industrie phonographique (IFPI) suit chaque année les revenus de la musique enregistrée. Dans son rapport mondial publié en 2026, elle indique que les revenus de l’Afrique subsaharienne ont progressé d’environ 15 % sur un an, pour atteindre 120 millions de dollars. L’organisation attribue cette hausse surtout à l’adoption des services de streaming sous licence, au rayonnement mondial des artistes africains et aux investissements des maisons de disques. L’Afrique du Sud pèse encore pour l’essentiel de ces revenus, tandis que le Nigéria, le Kenya ou le Ghana restent des marchés en construction.
La musique africaine traverse les frontières
D’immenses stars de l’afropop comme Fally Ipupa, Davido, D’banj ou Kéozen ont profité largement de ce nouveau marché. Les seuls téléchargements peuvent leur rapporter plusieurs centaines de milliers de dollars par an. Ce succès dépasse donc les frontières et s’étend sur les marchés internationaux. Nombreux sont ces artistes africains qui se font courtiser par le marché international, d’autres se font produire en Europe, aux États-Unis, lorsque leurs tubes passent en boucle dans les boîtes.
L’expérience avec le digital live play
Pendant la crise sanitaire de 2020, un nouveau concept a été déployé afin de permettre aux fans de la musique africaine de vivre le live autrement. Avec le confinement, les activités culturelles et artistiques regroupant des milliers de personnes étaient alors interdites. Mais avec le concept digital live play, les sons africains traversent les frontières.





